Epicerie sociale et solidaire : pour le respect de la dignité de tous, à vous de jouer !

La Fé2A a pour projet d’ouvrir courant 2014 l’AGORAé, un lieu de vie et d’échanges à destination des étudiants angevins et des jeunes du quartier de Belle Beille (sous conditions de ressources).

 photo_petition_t

Le principe des épiceries solidaires est de donner accès à des personnes ayant moins

 de ressources aux produits de base à bas coût en comparaison aux prix du marché

 

Associée à ce lieu, une épicerie sociale et solidaire leur permettra d’avoir accès aux aliments et produits de base à un prix faible (entre 10% et 30% de leur « valeur réelle »). Ce projet sera réalisé en partenariat avec l’ANDES (Association Nationale de Développement des Epiceries Solidaires).

Or, le FEAD (Fonds Européen d’Aide aux plus Démunis), dans lequel souhaite s’intégrer l’ANDES dans un futur proche, interdit toute participation financière symbolique de la part des usagers des épiceries sociales.

Pourtant, ce principe est l’un des piliers fondamentaux d’une épicerie sociale selon la Banque Alimentaire[1]. Le seul objectif des épiceries sociales, toujours selon la Banque Alimentaire, experte dans la distribution et l’aide alimentaire, est « le retour à l’autonomie des personnes accueillies ». Est-ce les rendre autonomes d’entretenir la relation d’assistanat qu’ils connaissent et subissent depuis peut être trop longtemps déjà ?

L’épicerie sociale ne peut-elle pas, au contraire, être pour eux une passerelle vers cette autonomie tant désirée ?

Pourquoi défendre une volonté de retour à l’autonomie et d’inclusion sociale et ne pas retrouver ces principes dans les initiatives mises en place pour ces publics ?

Ce principe de contribution financière permet ainsi aux bénéficiaires de conserver une dignité qui leur est parfois retirée sur de nombreux pans de leur existence. Cette contribution symbolique fait partie intégrante du processus d’inclusion sociale et permet aux usagers de « devenir acteurs de leur (ré)insertion »[2].

Supprimer cet aspect amputerait l’épicerie sociale de son essence même : le retour à l’autonomie.

Est-ce respecter la dignité de l’autre que de l’obliger à toujours avoir cette main en dessous qui quémande ? Ne peut-on pas lui laisser cette fois avoir la main au dessus pour payer ses achats ? N’est-ce pas davantage lui rendre service ?

La dignité et retrouver une estime de soi-même font partie intégrante du processus de (ré)insertion sociale d’une personne. L’image de soi peut autant être un moteur qu’un frein à l’inclusion sociale. Pourquoi ne pas les aider à se (re)construire dans le bon sens ?

Pour toutes ces raisons invoquées, l’ANDES a lancé une pétition afin de soutenir les principes des épiceries sociales et de respecter la dignité de ses usagers en conservant la contribution symbolique qui leur est demandée.

Pour soutenir ce principe de contribution symbolique, vous pouvez signer ici !

A savoir, cette pétition sera remise à :

  • Monsieur le Président de la République ;
  • Madame la Ministre des Affaires Sociales et de la Santé ;
  • Madame la Ministre déléguée, chargée des Personnes handicapées et de la Lutte contre l’exclusion ;
  • Monsieur le Ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt.

Pour retrouver toutes les infos sur l’aide alimentaire, n’hésitez pas à vous rendre sur le site de l’A.N.D.E.S.



[1] « Premier principe d’une épicerie sociale : la vente des produits alimentaires à 10% de leur valeur maximum » (Guide pratique, Créer, Gérer, Animer une épicerie sociale, Banques Alimentaires, 2013)

[2] « Au-delà d’un besoin alimentaire, [l’épicerie sociale] est une réponse à l’exclusion sociale : faire ses courses, choisir les produits, verser une contribution financière et préparer un repas sont des gestes d’autonomie (prendre le repas est un moment d’échange et de partage) » (Guide pratique, Créer, Gérer, Animer une épicerie sociale, Banques Alimentaires, 2013)

 

Catégories : Solidarité

Les commentaires sont clos.